Sur le quai de Podor, une dizaine de maisons construites au début du 19ème siècle et aux noms évocateurs (Maurel, Prom, Buhan, Teissère, Singer, Peyrissac), témoignent de l'effervescence du commerce qui en a marqué l'histoire pendant près de deux siècles. La maison située au coin Nord du quai porte le nom de Guillaume Foy dont la marque commerciale, contrairement aux autres, n'a pas traversé les siècles et perduré. Elle a été remarquablement restaurée et sert de maison d'hôtes.
> La vallée du fleuve
Promenade le long du fleuve : le Bou El Mogdad
Le Bou-el-Mogdad Le Bou El Mogdad est un bateau de croisière qui navigue sur le fleuve Sénégal entre Saint-Louis et Podor. Bateau naviguant depuis l'époque coloniale, entièrement rénové en 2006, il a gardé son charme et vous permet une remontée dans le temps. Construit en Hollande pour les « Messageries du Sénégal », il assurait de 1950 à 1970 le transport de marchandises et de personnes entre Saint-Louis, Richard Toll, Rosso, Podor, Kaedi, Matam, Bakel et Kayes.
Les jardins
Les rives Sud et Nord du fleuve, en amont et en aval du quai, sont occupées, depuis des générations, par des jardins maraîchers qui regorgent de manguiers, de palmiers et de nombreux arbres fruitiers. Les jardiniers y cultivent de façon très artisanale quelques variétés de légumes, de la menthe, quelques plantes aromatiques (basilic) et entretiennent des arbres fruitiers.
Le marché et l'artisanat
Le marché se fréquente plutôt le matin, pour bénéficier de la fraîcheur et de l'animation, mais il est ouvert jusqu'à la nuit tombée. ON y trouve de tout : légumes frais, mais en nombre très limité, quelques poissons séchés, de la bonne viande fraîche de mouton et de b½uf, du poisson de fleuve...
Les tailleurs y sont nombreux et travaillent bien.
Ne manquez pas de rendre visite au studio de Oumar Ly, photographe, qui vous fera découvrir ses milliers de photos, dont les premières remontent aux années 60.
> Galerie photo d'Oumar Ly.
Les teinturières
Le canari Elles sont nombreuses à Podor mais on retiendra surtout Diabou Sakho, artisane récompensée par plusieurs prix pour la qualité de ses productions teinte et pour sa démarche pédagogique. Son savoir-faire lui permet de collaborer aujourd'hui avec une décoratrice renommée, Aissa Dionne, qui développe et diffuse dans le monde entier une ligne de produits à partir de ses teintures à base d'indigo naturel.
Les potières
Les potières travaillent dans leurs cours et y produisent les objets habituels qui répondent aux besoins domestiques : pots en terre cuite pour la préparation des repas, la cuisson des beignets, la conservation d'aliments (céréales) et le stockage de l'eau, notamment dans les fameux canaris dont la porosité maintien humide la face extérieure du pot, ce qui provoque une évaporation et, par-là, un rafraîchissement de l'eau à l'intérieur du pot.
Un peu d'histoire
De vieilles maison coloniales La ville de Podor est située au c½ur de ce qui fut jadis le Royaume du Tékrour, dont la capitale, Tekoror, a disparu mais aurait donné son nom, par déformation, à l'ethnie « toucouleur ». Podor conserve aujourd'hui le pittoresque et le charme de la place importante qu'elle a été.
On dit qu'elle fut fondée en 1744. Le commerce et les échanges entre populations sont anciens : épices et tissus apportés par les maures, or de l'Empire du Ghana ont circulé sur ses rives. Les maisons en banco peuvent laisser penser à d'autres terres au coeur du Mali ou du Niger. De son passé colonial, la ville garde avec des rues tracées à l'équerre, un ordre de bon aloi !
Le commerce fluvial a de tout temps été florissant et ce, jusque dans les années qui ont précédé l'indépendance du Sénégal. Le quai de Podor, construit par Faidherbe puis remodelé à plusieurs occasions, accueillait des dizaines de bateaux à moteur et à voile qui utilisaient le fleuve pour le transport des marchandises et le commerce entre ses rives. Chaque jour, les bateaux accostaient pour y débarquer dans ces maisons alors prospères des marchandises venues d'Europe, de Bordeaux pour la plupart, de même que des objets de pacotille, des vivres et autres textiles, et, en retour, embarquer les produits locaux : mil, ambre, gomme arabique et autres.
La construction de la route nationale 2, avant et après les indépendances, à l'écart des zones inondables, donc loin du fleuve, a entraîné le déclin du commerce fluvial. Les bateaux de commerce se sont faits rares, jusqu'à disparaître.
Les maisons du quai, construites avant le quai lui-même, témoignent aujourd'hui encore de la vitalité des échanges commerciaux de l'époque. Ces maisons s'ouvraient d'un coté vers le fleuve, pour permettre le stockage des marchandises dans les entrepôts, et de l'autre coté, sur la rue commerçante et la ville.